
AMF, Banque de France, Trésor : la France lance son offensive tokenisation
Le 12 mars 2026, trois institutions majeures ont annoncé conjointement la création d’un groupe stratégique de place dédié à l’innovation et à la tokenisation de la finance. L’Autorité des marchés financiers, la Banque de France et la Direction générale du Trésor se coordonnent pour accélérer l’adoption de la technologie des registres distribués (DLT) dans le financement de l’économie française et européenne.
Quand je lis ce type de communiqué, je mesure le chemin parcouru. Il y a encore deux ans, le mot “tokenisation” n’existait pas dans le vocabulaire officiel de ces institutions. Aujourd’hui, il figure dans un communiqué co-signé par les trois piliers de la régulation financière française.
Qui est autour de la table ?
Le groupe est piloté par Denis Beau (premier sous-gouverneur de la Banque de France), Christophe Bories (chef du Service du financement de l’économie au Trésor) et Sébastien Raspiller (secrétaire général de l’AMF).
La liste des participants est révélatrice. Amundi, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Caisse des Dépôts, Euroclear, Euronext, Ardian, Groupe BPCE, LCH SA, OFI Invest, AFTE : ce sont les plus grandes institutions financières françaises. Pas un seul absent parmi les poids lourds. Ils y sont tous.
C’est un signal fort. Ce n’est plus une initiative de niche portée par quelques fintechs. C’est l’ensemble de la place financière de Paris qui se met en ordre de marche.
Quatre chantiers concrets
Le communiqué ne se contente pas de bonnes intentions. Il identifie quatre projets prioritaires :
- Un actif de règlement tokenisé : dépôts tokenisés et stablecoins, articulés avec la future monnaie numérique de banque centrale (MNBC) interbancaire en euro, prévue pour l’automne 2026 par l’Eurosystème.
- La tokenisation du marché des NEU-CP : les titres de créances négociables à court terme, un marché de financement essentiel pour les entreprises.
- Les infrastructures de marché DLT : repenser les modèles industriels pour que les plateformes de marché fonctionnent sur des registres distribués.
- Les fonds tokenisés : permettre aux gestionnaires d’actifs de créer et distribuer des fonds sur blockchain.
Un rapport avec analyses et recommandations sera publié à l’été 2026.
Pour approfondir :
Pourquoi maintenant ? La pression américaine
Le communiqué contient une phrase clé : le groupe aura pour objectif “d’identifier les risques que ferait peser une adoption trop lente de ces technologies sur la compétitivité de la place financière européenne, voire sur la souveraineté financière de l’Union”.
La formulation est diplomatique. La réalité l’est moins. Aux États-Unis, l’administration a clairement affiché sa volonté d’attirer l’industrie crypto et de tokeniser une partie du système financier. Le Genius Act encadre déjà les stablecoins. Les géants de Wall Street (BlackRock, JPMorgan, Fidelity) avancent à grande vitesse sur la tokenisation d’actifs. L’Europe, jusqu’ici, regardait le train passer.
Ce groupe stratégique est une réaction. Tardive, mais concrète. Le fait que les travaux s’inscrivent dans un “groupe de travail franco-allemand” sur la finance tokenisée, annoncé en janvier par les ministres de l’Économie, montre que la prise de conscience dépasse le cadre français.
MNBC de gros : le vrai enjeu de souveraineté
Un des axes du groupe mérite une attention particulière : l’articulation entre les actifs de règlement privés (stablecoins, dépôts tokenisés) et la monnaie numérique de banque centrale interbancaire prévue à l’automne 2026.
C’est le noeud du sujet. Si la finance se tokenise mais que les règlements se font en stablecoins dollar (USDC, USDT), l’Europe perd le contrôle de son propre système de paiement. La MNBC de gros en euro est la réponse : une infrastructure de règlement souveraine, sur laquelle peuvent s’adosser les actifs tokenisés européens.
La BCE a d’ailleurs récemment quantifié l’enjeu dans son Bulletin macroprudentiel d’avril 2026 : le pass-through entre stablecoins euro et dette souveraine européenne atteint 0,87, mais sur un marché euro qui ne pèse encore que 0,3 % du total mondial.
L’enjeu n’est pas technologique. Il est géopolitique. Celui qui contrôle l’infrastructure de règlement contrôle les flux financiers.
Pour approfondir :
Ce que cela signifie pour vous
Vidéo après vidéo, j’essaie de montrer la même chose : les technologies issues de l’écosystème crypto ne sont pas un phénomène marginal réservé aux spéculateurs. Elles sont en train de devenir l’infrastructure de la finance de demain.
Quand l’AMF, la Banque de France, BNP Paribas, Société Générale, Amundi et Euronext s’assoient à la même table pour discuter de tokenisation, le débat “pour ou contre la crypto” est dépassé. La question n’est plus de savoir si cette transformation aura lieu. Elle est de savoir qui en profitera et qui la subira.
Comprendre ces mécanismes, c’est se donner les moyens de ne pas être du mauvais côté de cette transition. C’est exactement ce que je propose dans mon accompagnement : décrypter ces mutations pour que vous puissiez prendre vos décisions en connaissance de cause.
Laurent Blasco
Comprendre. Trancher. Opérer.
Cette analyse est également disponible en format vidéo ci-dessous.
À lire aussi : GENIUS Act : trois réglementations en huit jours, et l’Europe regarde passer le train

AMF, Banque de France, Trésor : la France lance son offensive tokenisation
Le 12 mars 2026, trois institutions majeures ont annoncé conjointement la création d’un groupe stratégique de place dédié à l’innovation et à la tokenisation de la finance. L’Autorité des marchés financiers, la Banque de France et la Direction générale du Trésor se coordonnent pour accélérer l’adoption de la technologie des registres distribués (DLT) dans le financement de l’économie française et européenne.
Quand je lis ce type de communiqué, je mesure le chemin parcouru. Il y a encore deux ans, le mot “tokenisation” n’existait pas dans le vocabulaire officiel de ces institutions. Aujourd’hui, il figure dans un communiqué co-signé par les trois piliers de la régulation financière française.
Qui est autour de la table ?
Le groupe est piloté par Denis Beau (premier sous-gouverneur de la Banque de France), Christophe Bories (chef du Service du financement de l’économie au Trésor) et Sébastien Raspiller (secrétaire général de l’AMF).
La liste des participants est révélatrice. Amundi, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Caisse des Dépôts, Euroclear, Euronext, Ardian, Groupe BPCE, LCH SA, OFI Invest, AFTE : ce sont les plus grandes institutions financières françaises. Pas un seul absent parmi les poids lourds. Ils y sont tous.
C’est un signal fort. Ce n’est plus une initiative de niche portée par quelques fintechs. C’est l’ensemble de la place financière de Paris qui se met en ordre de marche.
Quatre chantiers concrets
Le communiqué ne se contente pas de bonnes intentions. Il identifie quatre projets prioritaires :
- Un actif de règlement tokenisé : dépôts tokenisés et stablecoins, articulés avec la future monnaie numérique de banque centrale (MNBC) interbancaire en euro, prévue pour l’automne 2026 par l’Eurosystème.
- La tokenisation du marché des NEU-CP : les titres de créances négociables à court terme, un marché de financement essentiel pour les entreprises.
- Les infrastructures de marché DLT : repenser les modèles industriels pour que les plateformes de marché fonctionnent sur des registres distribués.
- Les fonds tokenisés : permettre aux gestionnaires d’actifs de créer et distribuer des fonds sur blockchain.
Un rapport avec analyses et recommandations sera publié à l’été 2026.
Pour approfondir :
Pourquoi maintenant ? La pression américaine
Le communiqué contient une phrase clé : le groupe aura pour objectif “d’identifier les risques que ferait peser une adoption trop lente de ces technologies sur la compétitivité de la place financière européenne, voire sur la souveraineté financière de l’Union”.
La formulation est diplomatique. La réalité l’est moins. Aux États-Unis, l’administration a clairement affiché sa volonté d’attirer l’industrie crypto et de tokeniser une partie du système financier. Le Genius Act encadre déjà les stablecoins. Les géants de Wall Street (BlackRock, JPMorgan, Fidelity) avancent à grande vitesse sur la tokenisation d’actifs. L’Europe, jusqu’ici, regardait le train passer.
Ce groupe stratégique est une réaction. Tardive, mais concrète. Le fait que les travaux s’inscrivent dans un “groupe de travail franco-allemand” sur la finance tokenisée, annoncé en janvier par les ministres de l’Économie, montre que la prise de conscience dépasse le cadre français.
MNBC de gros : le vrai enjeu de souveraineté
Un des axes du groupe mérite une attention particulière : l’articulation entre les actifs de règlement privés (stablecoins, dépôts tokenisés) et la monnaie numérique de banque centrale interbancaire prévue à l’automne 2026.
C’est le noeud du sujet. Si la finance se tokenise mais que les règlements se font en stablecoins dollar (USDC, USDT), l’Europe perd le contrôle de son propre système de paiement. La MNBC de gros en euro est la réponse : une infrastructure de règlement souveraine, sur laquelle peuvent s’adosser les actifs tokenisés européens.
La BCE a d’ailleurs récemment quantifié l’enjeu dans son Bulletin macroprudentiel d’avril 2026 : le pass-through entre stablecoins euro et dette souveraine européenne atteint 0,87, mais sur un marché euro qui ne pèse encore que 0,3 % du total mondial.
L’enjeu n’est pas technologique. Il est géopolitique. Celui qui contrôle l’infrastructure de règlement contrôle les flux financiers.
Pour approfondir :
Ce que cela signifie pour vous
Vidéo après vidéo, j’essaie de montrer la même chose : les technologies issues de l’écosystème crypto ne sont pas un phénomène marginal réservé aux spéculateurs. Elles sont en train de devenir l’infrastructure de la finance de demain.
Quand l’AMF, la Banque de France, BNP Paribas, Société Générale, Amundi et Euronext s’assoient à la même table pour discuter de tokenisation, le débat “pour ou contre la crypto” est dépassé. La question n’est plus de savoir si cette transformation aura lieu. Elle est de savoir qui en profitera et qui la subira.
Comprendre ces mécanismes, c’est se donner les moyens de ne pas être du mauvais côté de cette transition. C’est exactement ce que je propose dans mon accompagnement : décrypter ces mutations pour que vous puissiez prendre vos décisions en connaissance de cause.
Laurent Blasco
Comprendre. Trancher. Opérer.
Cette analyse est également disponible en format vidéo ci-dessous.
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