
Au 1er août 2026, le Livret A passe de 1,50 % à 1,70 % et le LEP reste à 2,50 %. La hausse du Livret A était attendue : sa formule suit l’inflation, et l’inflation est repartie dans les barèmes. Le fait notable est ailleurs, du côté du LEP. Sa formule de calcul ressortait à 2,20 %, mais l’État a choisi de le maintenir à 2,50 %. Deux produits, deux façons pour la puissance publique de fixer la rémunération de votre épargne : l’une encadrée par une formule, l’autre par une dérogation assumée.
Livret A à 1,70 %, LEP à 2,50 % : qu’a décidé l’État le 15 juillet ?
L’annonce est tombée hier, le 15 juillet. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a arrêté les taux de l’épargne réglementée applicables au 1er août, sur proposition du Gouverneur de la Banque de France. Le Livret A et le LDDS (Livret de développement durable et solidaire), qui lui est aligné, sont relevés de 1,50 % à 1,70 %. Le LEP (Livret d’épargne populaire), lui, est maintenu à 2,50 %. Jusqu’au 31 juillet inclus, les taux en vigueur restent ceux fixés le 1er février : 1,50 % pour le Livret A, 2,50 % pour le LEP.
La hausse du Livret A n’a rien d’une surprise. Son taux suit une formule qui combine l’inflation hors tabac des six derniers mois et les taux du marché interbancaire. Après un cycle de baisses, l’inflation est revenue dans le calcul, et la formule remonte mécaniquement le taux. Savoir si ce niveau suffit à préserver le pouvoir d’achat de l’épargne est un autre sujet, déjà traité ici : au taux atteint, cette hausse ne change pas grand-chose au rendement réel. Ce qui mérite l’attention aujourd’hui, c’est la décision prise sur l’autre livret.
Le Livret A et le LEP occupent une place précise dans un patrimoine : celle de la poche de précaution. C’est l’outil de l’épargnant au sens strict, capital garanti, disponible à tout moment, sans risque de perte nominale. Ce que la révision change pour cette poche tient moins au rendement, quelques euros par an sur un encours moyen, qu’à ce qu’elle révèle sur la manière dont ce rendement est fixé.
Pourquoi le LEP reste-t-il au-dessus de sa formule ?
Le LEP a sa propre règle de calcul. Son taux correspond au plus élevé de deux termes : l’inflation hors tabac mesurée sur six mois, ou le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Avec un Livret A porté à 1,70 %, ce second terme, le plancher, s’établit à 2,20 %. En clair : la règle, appliquée telle quelle au 1er août, donnait 2,20 %, soit une baisse par rapport aux 2,50 % en vigueur.
L’État a choisi de ne pas s’y tenir. En maintenant le LEP à 2,50 %, il le place environ 0,3 point au-dessus de ce que sa formule commande. La Banque de France le formule sans détour dans sa proposition : le LEP est maintenu à un taux « toujours supérieur au résultat de la formule ». Le ministre l’assume dans les mêmes termes : « je tiens à préserver un avantage marqué pour l’épargne des ménages les plus modestes avec un taux maintenu à 2,5 % pour le LEP ».
Ce coup de pouce n’est pas nouveau. Au 1er février déjà, la formule du LEP ressortait sous les 2 %, et le taux avait été maintenu à 2,50 %. La dérogation est un pouvoir que l’État exerce de façon récurrente sur ce produit, réservé aux épargnants dont les revenus ne dépassent pas un plafond.
Il serait faux, pour autant, d’opposer un Livret A « mécanique » à un LEP « politique ». Les deux taux sont administrés : ils sont fixés par décision publique, arrêtée par le ministre sur proposition du Gouverneur de la Banque de France. La différence n’est pas la nature de la décision, elle tient à son mode d’exercice. Le Livret A est encadré par une formule quasi automatique, dont l’application finale reste une décision de l’État. Le LEP, lui, assume une dérogation à sa propre formule. Deux formes d’administration publique du même objet : le rendement de votre épargne garantie.
Ce que ce choix dit de la façon dont l’État fixe votre épargne
Maintenir le LEP au-dessus de sa formule a un coût, mais ce n’est pas une dépense budgétaire directe au sens d’une ligne inscrite au budget de l’État. Ce surcoût transite par l’architecture de l’épargne réglementée : la Caisse des Dépôts, le fonds d’épargne qui centralise une partie des dépôts, et les banques qui distribuent les livrets. C’est ce même circuit qui finance, comme l’a rappelé le ministre, « le logement social, les PME et la transition écologique ». Le rendement servi à l’épargnant et l’emploi de son épargne sont les deux faces d’un même mécanisme public.
Concrètement, si vous détenez un Livret A, votre rémunération passe de 1,50 % à 1,70 % le 1er août : quelques euros à quelques dizaines d’euros de plus par an selon votre encours. Si vous êtes éligible au LEP, il reste le produit garanti le mieux rémunéré, à 2,50 %. Dans les deux cas, l’arbitrage utile n’est pas de guetter le prochain dixième de point, mais de situer cette poche de précaution dans un ensemble : combien y laisser, à partir de quel seuil chercher un rendement au-delà des livrets réglementés, et comment articuler le tout avec le reste de son allocation.
C’est à ce niveau que se joue la vraie décision. Construire son cadre de décision dans le monde financier, structurer sa réflexion sur les moyens d’agir, développer sa propre capacité à choisir : c’est ce que la newsletter hebdomadaire Monnaies & Libertés propose, chaque semaine, à celles et ceux qui veulent garder la main.
Reste ce que le barème ne dit pas : à qui ce maintien profite vraiment. Sur un LEP plafonné à 10 000 euros, l’écart entre 2,50 % et 2,20 % représente au plus une trentaine d’euros par an. Trente euros ne redressent aucune trajectoire financière, mais ils s’affichent très bien. « Préserver l’épargne des ménages les plus modestes » est une formule qui coûte peu à qui la prononce, puisqu’elle se paie avec de l’argent public et rapporte un bénéfice d’image sans commune mesure avec la somme réellement distribuée.
Le vrai rendement de la mesure est là, et il n’est pas pour l’épargnant. C’est le principe de l’épargne administrée : offrir un sentiment de protection plutôt qu’un rendement qui compte, et prospérer sur le déficit de culture financière qu’elle contribue à entretenir.
Le 15 juillet, l’État n’a pas seulement fixé deux taux. Il a montré deux manières de gouverner l’argent qu’il garantit aux épargnants. L’un suit une formule publique que l’inflation pousse à la hausse. L’autre relève d’une dérogation qui pèse plus dans un discours que sur un relevé de compte. Comprendre laquelle de ces deux logiques fixe quel taux, c’est la différence entre subir un barème et lire une décision, un réflexe au cœur de la protection de son patrimoine face à l’érosion monétaire.
Laurent Blasco
Comprendre. Trancher. Opérer.
FAQ
Quel est le taux du LEP au 1er août 2026 ?
Le taux du LEP est maintenu à 2,50 % au 1er août 2026. C’est une décision de l’État, qui place le LEP au-dessus du résultat de sa formule de calcul (2,20 % au 1er août). Le LEP reste le produit d’épargne réglementée garanti le mieux rémunéré, devant le Livret A relevé à 1,70 %.
Pourquoi le LEP reste-t-il à 2,50 % alors que le Livret A monte à 1,70 % ?
Le taux du LEP correspond normalement au plus élevé de deux termes : l’inflation hors tabac sur six mois, ou le taux du Livret A majoré de 0,5 point, soit 2,20 % au 1er août 2026. L’État a choisi de déroger à cette formule pour maintenir le LEP à 2,50 %, un avantage ciblé sur l’épargne des ménages modestes. Cette dérogation est exercée de façon récurrente.
Quelle est la différence entre le Livret A et le LEP ?
Le Livret A est ouvert à tous et son taux suit une formule publique quasi automatique, portée à 1,70 % au 1er août 2026. Le LEP est réservé aux personnes dont les revenus ne dépassent pas un plafond, et son taux, maintenu à 2,50 %, résulte d’une décision qui peut déroger à sa formule. Dans les deux cas, il s’agit de taux administrés, fixés par le ministre de l’Économie sur proposition de la Banque de France.
Le Livret A à 1,70 %, à partir de quand s’applique-t-il ?
Le nouveau taux du Livret A, 1,70 %, s’applique à compter du 1er août 2026, tout comme le LDDS qui lui est aligné. Jusqu’au 31 juillet 2026 inclus, le taux en vigueur reste 1,50 %. La prochaine révision des taux de l’épargne réglementée est prévue au 1er février 2027.

Au 1er août 2026, le Livret A passe de 1,50 % à 1,70 % et le LEP reste à 2,50 %. La hausse du Livret A était attendue : sa formule suit l’inflation, et l’inflation est repartie dans les barèmes. Le fait notable est ailleurs, du côté du LEP. Sa formule de calcul ressortait à 2,20 %, mais l’État a choisi de le maintenir à 2,50 %. Deux produits, deux façons pour la puissance publique de fixer la rémunération de votre épargne : l’une encadrée par une formule, l’autre par une dérogation assumée.
Livret A à 1,70 %, LEP à 2,50 % : qu’a décidé l’État le 15 juillet ?
L’annonce est tombée hier, le 15 juillet. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a arrêté les taux de l’épargne réglementée applicables au 1er août, sur proposition du Gouverneur de la Banque de France. Le Livret A et le LDDS (Livret de développement durable et solidaire), qui lui est aligné, sont relevés de 1,50 % à 1,70 %. Le LEP (Livret d’épargne populaire), lui, est maintenu à 2,50 %. Jusqu’au 31 juillet inclus, les taux en vigueur restent ceux fixés le 1er février : 1,50 % pour le Livret A, 2,50 % pour le LEP.
La hausse du Livret A n’a rien d’une surprise. Son taux suit une formule qui combine l’inflation hors tabac des six derniers mois et les taux du marché interbancaire. Après un cycle de baisses, l’inflation est revenue dans le calcul, et la formule remonte mécaniquement le taux. Savoir si ce niveau suffit à préserver le pouvoir d’achat de l’épargne est un autre sujet, déjà traité ici : au taux atteint, cette hausse ne change pas grand-chose au rendement réel. Ce qui mérite l’attention aujourd’hui, c’est la décision prise sur l’autre livret.
Le Livret A et le LEP occupent une place précise dans un patrimoine : celle de la poche de précaution. C’est l’outil de l’épargnant au sens strict, capital garanti, disponible à tout moment, sans risque de perte nominale. Ce que la révision change pour cette poche tient moins au rendement, quelques euros par an sur un encours moyen, qu’à ce qu’elle révèle sur la manière dont ce rendement est fixé.
Pourquoi le LEP reste-t-il au-dessus de sa formule ?
Le LEP a sa propre règle de calcul. Son taux correspond au plus élevé de deux termes : l’inflation hors tabac mesurée sur six mois, ou le taux du Livret A majoré de 0,5 point. Avec un Livret A porté à 1,70 %, ce second terme, le plancher, s’établit à 2,20 %. En clair : la règle, appliquée telle quelle au 1er août, donnait 2,20 %, soit une baisse par rapport aux 2,50 % en vigueur.
L’État a choisi de ne pas s’y tenir. En maintenant le LEP à 2,50 %, il le place environ 0,3 point au-dessus de ce que sa formule commande. La Banque de France le formule sans détour dans sa proposition : le LEP est maintenu à un taux « toujours supérieur au résultat de la formule ». Le ministre l’assume dans les mêmes termes : « je tiens à préserver un avantage marqué pour l’épargne des ménages les plus modestes avec un taux maintenu à 2,5 % pour le LEP ».
Ce coup de pouce n’est pas nouveau. Au 1er février déjà, la formule du LEP ressortait sous les 2 %, et le taux avait été maintenu à 2,50 %. La dérogation est un pouvoir que l’État exerce de façon récurrente sur ce produit, réservé aux épargnants dont les revenus ne dépassent pas un plafond.
Il serait faux, pour autant, d’opposer un Livret A « mécanique » à un LEP « politique ». Les deux taux sont administrés : ils sont fixés par décision publique, arrêtée par le ministre sur proposition du Gouverneur de la Banque de France. La différence n’est pas la nature de la décision, elle tient à son mode d’exercice. Le Livret A est encadré par une formule quasi automatique, dont l’application finale reste une décision de l’État. Le LEP, lui, assume une dérogation à sa propre formule. Deux formes d’administration publique du même objet : le rendement de votre épargne garantie.
Ce que ce choix dit de la façon dont l’État fixe votre épargne
Maintenir le LEP au-dessus de sa formule a un coût, mais ce n’est pas une dépense budgétaire directe au sens d’une ligne inscrite au budget de l’État. Ce surcoût transite par l’architecture de l’épargne réglementée : la Caisse des Dépôts, le fonds d’épargne qui centralise une partie des dépôts, et les banques qui distribuent les livrets. C’est ce même circuit qui finance, comme l’a rappelé le ministre, « le logement social, les PME et la transition écologique ». Le rendement servi à l’épargnant et l’emploi de son épargne sont les deux faces d’un même mécanisme public.
Concrètement, si vous détenez un Livret A, votre rémunération passe de 1,50 % à 1,70 % le 1er août : quelques euros à quelques dizaines d’euros de plus par an selon votre encours. Si vous êtes éligible au LEP, il reste le produit garanti le mieux rémunéré, à 2,50 %. Dans les deux cas, l’arbitrage utile n’est pas de guetter le prochain dixième de point, mais de situer cette poche de précaution dans un ensemble : combien y laisser, à partir de quel seuil chercher un rendement au-delà des livrets réglementés, et comment articuler le tout avec le reste de son allocation.
C’est à ce niveau que se joue la vraie décision. Construire son cadre de décision dans le monde financier, structurer sa réflexion sur les moyens d’agir, développer sa propre capacité à choisir : c’est ce que la newsletter hebdomadaire Monnaies & Libertés propose, chaque semaine, à celles et ceux qui veulent garder la main.
Reste ce que le barème ne dit pas : à qui ce maintien profite vraiment. Sur un LEP plafonné à 10 000 euros, l’écart entre 2,50 % et 2,20 % représente au plus une trentaine d’euros par an. Trente euros ne redressent aucune trajectoire financière, mais ils s’affichent très bien. « Préserver l’épargne des ménages les plus modestes » est une formule qui coûte peu à qui la prononce, puisqu’elle se paie avec de l’argent public et rapporte un bénéfice d’image sans commune mesure avec la somme réellement distribuée.
Le vrai rendement de la mesure est là, et il n’est pas pour l’épargnant. C’est le principe de l’épargne administrée : offrir un sentiment de protection plutôt qu’un rendement qui compte, et prospérer sur le déficit de culture financière qu’elle contribue à entretenir.
Le 15 juillet, l’État n’a pas seulement fixé deux taux. Il a montré deux manières de gouverner l’argent qu’il garantit aux épargnants. L’un suit une formule publique que l’inflation pousse à la hausse. L’autre relève d’une dérogation qui pèse plus dans un discours que sur un relevé de compte. Comprendre laquelle de ces deux logiques fixe quel taux, c’est la différence entre subir un barème et lire une décision, un réflexe au cœur de la protection de son patrimoine face à l’érosion monétaire.
Laurent Blasco
Comprendre. Trancher. Opérer.
FAQ
Quel est le taux du LEP au 1er août 2026 ?
Le taux du LEP est maintenu à 2,50 % au 1er août 2026. C’est une décision de l’État, qui place le LEP au-dessus du résultat de sa formule de calcul (2,20 % au 1er août). Le LEP reste le produit d’épargne réglementée garanti le mieux rémunéré, devant le Livret A relevé à 1,70 %.
Pourquoi le LEP reste-t-il à 2,50 % alors que le Livret A monte à 1,70 % ?
Le taux du LEP correspond normalement au plus élevé de deux termes : l’inflation hors tabac sur six mois, ou le taux du Livret A majoré de 0,5 point, soit 2,20 % au 1er août 2026. L’État a choisi de déroger à cette formule pour maintenir le LEP à 2,50 %, un avantage ciblé sur l’épargne des ménages modestes. Cette dérogation est exercée de façon récurrente.
Quelle est la différence entre le Livret A et le LEP ?
Le Livret A est ouvert à tous et son taux suit une formule publique quasi automatique, portée à 1,70 % au 1er août 2026. Le LEP est réservé aux personnes dont les revenus ne dépassent pas un plafond, et son taux, maintenu à 2,50 %, résulte d’une décision qui peut déroger à sa formule. Dans les deux cas, il s’agit de taux administrés, fixés par le ministre de l’Économie sur proposition de la Banque de France.
Le Livret A à 1,70 %, à partir de quand s’applique-t-il ?
Le nouveau taux du Livret A, 1,70 %, s’applique à compter du 1er août 2026, tout comme le LDDS qui lui est aligné. Jusqu’au 31 juillet 2026 inclus, le taux en vigueur reste 1,50 %. La prochaine révision des taux de l’épargne réglementée est prévue au 1er février 2027.
